LE REBOND DE LA VOITURE HYBRIDE

Ballottés entre une offre évoluant à grande vitesse et une réglementation instable, les automobilistes ne savent plus à quel saint se vouer. La fin du bonus écologique pour les entreprises en France et la suppression pure et simple de toute aide à l'achat en Allemagne pour raisons budgétaires ont eu pour effet de ralentir la croissance des ventes de voitures électriques dans l'Hexagone et sur l'ensemble du Vieux Continent ces derniers mois. À tel point qu'il faudra sans doute attendre l'arrivée de nouvelles incitations (comme en Italie) mais aussi et surtout le lancement de modèles à batterie plus abordables tels que la nouvelle Citroën ë-C3 et la Renault 5 dont la commercialisation est prévue pour la rentrée prochaine pour relancer la dynamique vers l'objectif d'un marché automobile 100 % électrique en 2035.

Dans l'intervalle, c'est logiquement la part de marché des hybrides qui progresse le plus vite (30 % sur les premiers mois de 2024 en France), portée il est vrai par une véritable explosion de l'offre. Il est loin le temps où ce type de modèle combinant moteurs thermique et électrique pour réduire leur consommation ? de 20 à 30 % sur route, jusqu'à 40 % en ville ? sans qu'il soit nécessaire de les recharger était encore la chasse gardée des marques japonaises Toyota et Honda, pionnières de cette innovation de la fin des années 1990. Désormais, la plupart des constructeurs maîtrisent cette technologie et en équipent non seulement leurs modèles haut de gamme, bien sûr, mais aussi progressivement les plus populaires.

La nouvelle Citroën C3 sera disponible en version hybride en 2025. © William Crozes @ Continental Productions

Preuve de cette démocratisation, Dacia ? la marque la plus abordable du marché français ? la propose à son tour, non seulement sur son break 7 places Jogger mais aussi et surtout sur la dernière génération de son SUV compact Duster, le plus vendu aux particuliers en Europe. Initialement développée par Renault, cette chaîne de traction très efficiente de 145 ch, qui était déjà disponible sur les Clio, Captur et Arkana, le sera bientôt sur le nouveau crossover Symbioz. Mieux, elle est aussi déclinée dans une version plus puissante (200 ch) sur les modèles haut de gamme de la marque au losange, soit les Austral, Espace et le nouveau Rafale.

Batteries de forte capacité

Mais l'explosion de l'offre citée plus haut est encore plus spectaculaire pour le groupe Stellantis. Très attendue, la nouvelle chaîne de traction développée par le géant franco-italo-américain est constituée d'un 3-cylindres turbo et d'une boîte automatique intégrant un moteur électrique de 28 ch alimenté en 48 V pour des puissances cumulées de 100 et 136 ch. Elle est aujourd'hui progressivement introduite dans la plupart des 14 marques du groupe. Déjà proposée sur la Peugeot 208 ? le modèle vendu en France ces derniers mois ?, elle le sera aussi bientôt sur les 2008, 308, 3008 et 5008 de la marque au lion.

La Peugeot 208, fer de lance des hybrides chez Stellantis.

Elle équipera en outre dès 2025 la nouvelle Citroën C3, et avant cela d'autres modèles de la marque aux chevrons tels que les C4 et C5 Aircross, tandis que DS, Opel, Jeep, Lancia et Alfa en bénéficieront à leur tour dans les mois qui viennent. Enfin, Fiat devrait bientôt convertir sa nouvelle 500 jusqu'ici exclusivement électrique à la technologie hybride pour relancer les ventes de ce modèle mythique.

Un segment des citadines dont la hiérarchie pourrait bientôt être bouleversée par l'arrivée de la MG3, dont la chaîne de traction hybride de 195 ch devrait lui permettre de bien figurer face aux références de la catégorie que sont les Toyota Yaris Hybrid 130, Renault Clio E-Tech 145 et Peugeot 208 Hybrid 136.

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Le choix de MG, désormais domiciliée à Shanghai, d'exporter un modèle hybride vers l'Europe reflète bien l'état du savoir-faire des constructeurs chinois. Ainsi le géant BYD prévoit-il aussi par exemple de commercialiser sur le Vieux Continent son imposant SUV Seal U (4,80 m) en version DM-I, soit une hybride rechargeable de 323 ch. Comme sa description l'indique, ce modèle dispose d'une batterie de forte capacité (18,3 kWh) autorisant une autonomie électrique de 70 km.

La Porsche 911 GTS T-Hybrid conserve le 6-cylindres à plat qui a forgé sa réputation.

Faible consommation

Cette technologie présente l'avantage d'une consommation de carburant faible, voire nulle au quotidien lorsqu'elle est bien utilisée, c'est-à-dire en rechargeant la batterie aussi souvent que possible sur secteur, ce qui n'est encore que trop rarement le cas. L'idée consiste à ne solliciter le moteur thermique que pour les trajets exceptionnellement longs, par exemple pour partir en vacances. Ce type de chaîne de traction rechargeable qui autorise une puissance électrique élevée ? et donc de très bonnes performances en mode hybride lorsque les moteurs thermique et électrique sont sollicités de concert ? est pour cette raison la solution privilégiée par les marques premium (Audi, BMW, Mercedes, Volvo), mais aussi par les constructeurs généralistes pour leurs modèles haut de gamme. C'est notamment le choix de Renault pour son nouveau Rafale, dont la version rechargeable dispose d'une puissance cumulée de 300 ch et d'une autonomie électrique de 100 km. Mieux, la dernière génération d'hybrides rechargeables Volkswagen dépasse largement ce rayon d'action. Grâce à leur imposante batterie de 19,7 kWh, le break Passat et le SUV Tiguan eHybrid atteignent quelque 120 km sur une charge, tandis que la nouvelle Golf eHybrid disposant de la même chaîne de traction de 204 ch dépasse les 140 km, de quoi se tenir durablement éloigné des coûteuses stations-service, à condition de ne pas oublier de brancher régulièrement sa monture.

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Enfin, si Porsche utilise aussi cette technologie hybride rechargeable sur les modèles Panamera et Cayenne, la marque allemande de voitures de sport a fait un autre choix technique pour électrifier son iconique 911. Inspiré des développements réalisés pour ses prototypes de course engagés en endurance sur des épreuves comme les 24 Heures du Mans, le système hybride de la 911 GTS utilise un unique gros turbocompresseur associé à une machine électrique permettant de récupérer de l'énergie lors des phases prolongées de roulage rapide, un peu comme si l'expérience accumulée sur la ligne droite des Hunaudières au Mans était utilisée pour réduire la consommation du modèle de route sur Autobahn non limitée. On n'en attendait pas moins de Porsche, qui réussit ainsi à moderniser sa mythique 911 sans qu'elle ait à renoncer au 6-cylindres à plat qui a fait sa réputation et lui confère encore aujourd'hui une sonorité et une personnalité à part.

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